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L’interdiction des armes à sous-munitions doit rester solide

Mines et autres armes
International

La Conférence sur les armes à sous-munitions s’est achevée le 18 septembre à Vientiane, au Laos. HI salue la réaffirmation de la Convention, mais aurait souhaité des positions plus ambitieuses.

La responsable du plaidoyer Eva Fisher prend la parole à la conférence.

La responsable du plaidoyer Eva Fisher prend la parole à la conférence. | © HI

« La conférence de Vientiane doit représenter un véritable effort pour renforcer une norme humanitaire qui s’affaiblit. Elle se tient au Laos, dans le pays le plus touché au monde et elle aboutit à un plan d’action (2027–2031) — mais elle intervient à un moment où la Convention fait face aux épreuves les plus sérieuses depuis son adoption, à cause de : l’augmentation de l’utilisation de ces armes et du nombre de victimes dans les conflits (notamment dans la guerre en Ukraine), le retrait d’un État et le réarmement de certains pays. Que les États parties traduisent ou non ces engagements en financements pour la dépollution et l’assistance aux victimes, ainsi qu’en pression diplomatique sur les États non parties et les auteurs de violations, sera déterminant pour faire progresser la Convention. »

Alma Taszlidzan, responsable du plaidoyer de HI

Une conférence avec du fond, mais moins de participants

66 des 112 États parties étaient présents dans la salle, aux côtés de 7 signataires et de 17 observateurs. Cette participation reste modeste pour une conférence d’examen quinquennale majeure, avec moins de 60 % des États parties présents.

La conférence était présidée par la République démocratique populaire lao, le pays le plus fortement contaminé par les armes à sous-munitions. Le Premier ministre lao a personnellement ouvert la conférence, témoignant de l’importance accordée par le gouvernement à la contamination par les armes à sous-munitions, priorité nationale.

Le Laos a été fortement contaminé pendant la deuxième guerre d’Indochine. On estime que 80 millions de sous-munitions non explosées subsistent sur les plus de 270 millions qui ont été larguées. Le Laos a été parmi les premiers pays à signer et à ratifier la Convention, en 2010.

De véritables défis pour la Convention

HI a demandé aux délégations de condamner explicitement la production, le transfert et l’utilisation d’armes à sous-munitions par les pays non parties, et de réaffirmer la volonté de parvenir à une adhésion universelle à la Convention. L’association appelle les États à défendre la Convention, qui fait face à d’importants défis.

Les données sur les victimes montrent une résurgence des armes à sous-munitions : plus de 1 000 personnes ont été tuées ou blessées par ces armes en 2025 en Afghanistan, au Cambodge, en Irak, au Laos, au Liban, au Myanmar, en Russie, en Syrie et en Ukraine. Il s’agit de l’un des chiffres les plus élevés jamais enregistrés. 87 % des victimes recensées étaient des civils.

Le retrait de la Lituanie de la Convention en mars 2025 a constitué un revers notable : il s’agit du premier retrait d’un État partie.

Au cours de la conférence, la Thaïlande, État non partie, a reconnu avoir utilisé des armes à sous-munitions contre le Cambodge le long de la même frontière en 2011, puis en juillet 2025 près de Preah Vihear. Dans les deux cas, elle a défendu ces frappes en affirmant qu’elles visaient des objectifs militaires et utilisaient des munitions présentant un faible taux d’échec — un argument irrecevable, puisque les taux de non-explosion sont toujours plus élevés lors des opérations réelles et que la majorité des victimes restent des civils. Des armes à sous-munitions ont également été utilisées au Mali (État partie à la Convention), sans que l’auteur en soit encore confirmé.

La présence des survivants, principal atout de la conférence

Puisque l’assistance aux victimes constitue l’un des piliers de la Convention sur les armes à sous-munitions, la conférence bénéficie de la participation des survivants qui portent eux-mêmes le récit, plutôt que d’être simplement présentés comme des victimes.

Des survivants étaient présents lors de la cérémonie d’ouverture et de plusieurs événements parallèles, et leur rôle actif dans l’assistance aux victimes a été mentionné dans de nombreuses déclarations d’États. Phongsavath Manitong, dirigeant d’une organisation de survivants, a organisé une soirée émouvante au cours de laquelle des survivants lao ont partagé leurs histoires personnelles. Il a également interprété une chanson célébrant la

Convention du point de vue des survivants

Au cours de la conférence, HI a souligné l’importance d’associer les survivants à toute décision relative à l’assistance aux victimes et a appelé les États à renforcer des financements prévisibles et fiables dans ce domaine.

HI déplore que d’un côté, les États affectés soulignent la nécessité d’un financement lors de la conférence, tandis que de l’autre, les bailleurs confirment la réduction des budgets consacrés à l’action contre les mines.

En 2025, environ 116 millions de dollars US de financements internationaux et nationaux ont été consacrés à la lutte contre les armes à sous-munitions dans les États parties à la Convention. L’Afghanistan, le Tchad, le Chili, la Mauritanie et la Somalie ont été confrontés à des déficits de financement susceptibles de continuer à entraver les activités d’enquête et de dépollution. De nombreux pays, dont les États-Unis, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, ont annoncé des réductions budgétaires.

Un plan pour les cinq prochaines années

La conférence a adopté le Plan d’action de Vientiane 2027–2031, qui fixe des priorités stratégiques en matière de dépollution, d’assistance aux victimes, de destruction des stocks, de coopération internationale, d’universalisation de la Convention et de mise en œuvre nationale. Elle a également adopté une nouvelle Déclaration politique réaffirmant l’engagement des États envers la Convention et leur volonté de mettre fin aux souffrances causées par ces armes, tout en faisant état de développements préoccupants. 

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