Au Bangladesh, le long combat de Roshida pour se rétablir
Roshida, réfugiée rohingya, a perdu son autonomie après qu’un AVC a paralysé la moitié de son corps. Grâce à un accompagnement en réadaptation assuré par HI, elle a entamé son rétablissement.
Un kinésithérapeute de HI soutient Roshida dans sa rééducation après son AVC | © HI
Depuis qu'elle a fui son pays, Roshida vit à Cox's Bazar, l'un des plus grands camps de réfugiés au monde, situé dans le sud-est du Bangladesh. Aujourd'hui, plus d'un million de Rohingyas vivent au Bangladesh. HI est présente au Bangladesh depuis 1997 et offre notamment des soins de réadaptation et un soutien psychologique aux personnes handicapées et vulnérables à Cox's Bazar. Victime d’un AVC, Roshida a été prise en charge par HI et a suivi des séances de réadaptation. Elle raconte son parcours.
Une seconde catastrophe
Roshida, 48 ans, n’aurait jamais imaginé qu’un seul instant puisse lui voler son autonomie, sa capacité à s’exprimer pleinement et sa tranquillité d’esprit.
Roshida vit dans le camp 04, bloc A-05, avec son fils cadet, sa belle-fille et ses petits-enfants. Après avoir fui le Myanmar en 2017 lors de l’exode massif, elle avait peu à peu tenté de reconstruire sa vie au Bangladesh. Mais il y a quelques mois, elle a été victime d’un accident vasculaire cérébral qui a paralysé tout le côté gauche de son corps. C’est à ce moment-là que tout a basculé de nouveau.
D’une voix calme mais assurée, Roshida raconte : « J’ai eu un AVC. Un côté de mon corps a cessé de fonctionner. Je ne pouvais plus me lever, plus marcher, même plus porter mon petit-enfant. Je me sentais inutile. Comme si la vie s’éteignait, lentement. »
Au début, Roshida a consulté des guérisseurs traditionnels et l’hôpital du camp, mais son état est resté inchangé. Puis, un médecin du camp l’a orientée vers HI, et cela lui a ouvert une nouvelle porte.
Roshida explique : « Je suis devenue un fardeau. Ma fille ne venait plus me voir. Mon fils et sa femme faisaient ce qu’ils pouvaient, mais je voyais bien qu’ils étaient épuisés eux aussi. Je pleurais beaucoup. J’oubliais des choses. Je parlais de moins en moins. Je restais assise au même endroit toute la journée, à attendre. »
Des soins qui ont redonné espoir
Le 6 mars 2025, le fils de Roshida l’a aidée à se rendre au centre HI situé près de leur domicile. L’équipe de HI l’a écoutée avec attention, l’a enregistrée et a mis en place des visites régulières à domicile pour des séances de rééducation et de soutien.
Au cours des semaines suivantes, Roshida a bénéficié de 38 séances, dont 22 séances de réadaptation, 12 séances de soutien en santé mentale d’urgence et quatre séances de soins infirmiers. HI lui a également fourni des solutions pratiques, telles qu’un matelas médical, un cadre de verticalisation pour la soutenir et l’aider à se lever et des supports illustrés sur les soins et la gestion du stress. Le soutien émotionnel s’est révélé tout aussi essentiel que les soins physiques.
« Je me souviens encore du jour où ils m’ont donné un petit carnet de rendez-vous », se rappelle-t-elle. « Ils m’ont dit : “Nous viendrons chez vous pour vous aider.” Et ils l’ont fait. Chaque semaine. »
« Je crois qu’un jour, je marcherai »
Grâce à la kinésithérapie régulière, Roshida a commencé à retrouver des sensations dans ses membres paralysés. Aujourd’hui, elle peut se tenir debout seule, assurer les gestes essentiels du quotidien avec un appui, et même profiter de moments simples avec ses petit-enfants.
Au-delà des progrès physiques, la transformation émotionnelle est profonde. Roshida est désormais plus confiante, plus connectée aux autres et plus consciente de ses capacités.
Avec un sourire, elle confie : « Je ne marche pas encore complètement, mais je ressens à nouveau de la force dans mes jambes. Je crois qu’un jour, je marcherai. Mes petits-enfants me rendent heureuse. Je ris de nouveau. Je me sens vivante à nouveau. Et je suis reconnaissante. Très, très reconnaissante. »