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« Il n’y a plus de futur pour moi »

Secourir les déplacés/réfugiés
Liban

Abdel Azzim, 20 ans, est originaire de Homs, en Syrie. Gravement blessé par un bombardement en 2014, et il a depuis trouvé refuge au Liban. Handicap International lui a fourni un fauteuil roulant et l’aide à se reconstruire après les traumatismes qu’il a subi.

Abdel Azzim_Liban

Abdel Azzim est âgé de 20 ans et il est originaire de Homs, en Syrie. Il a été gravement blessé dans un bombardement en 2014, et il a depuis trouvé refuge au Liban. | © P.Poulpiquet/Handicap International

A l’hôpital de Tripoli, une jeune fille pousse un fauteuil roulant, jusqu’à la salle de kinésithérapie. Assis dans celui-ci, Abdel Azzim, 20 ans, semble très fatigué. Alors que sa sœur l’aide à s’installer sur le lit d’hôpital pour une nouvelle session de réadaptation, on image difficilement qu’il y a encore années, le jeune Syrien était un adolescent dynamique et heureux. Aujourd’hui, son sourire a laissé place à un regard perdu et son corps ne bouge presque plus.

« J’étais à la maison, quand le bombardement a eu lieu », dit-il. « Il n’y a pas grand-chose à dire de plus que ça, j’ai été touché par un éclat d’obus dans le dos, c’est tout… ». Le regard d’Abdel Azzim s’assombrit alors. « Cela fait deux ans que je suis réfugié ici… Deux ans. Et la guerre n’est pas sur le point de se terminer. Rien ne semble changer. J’ai l’impression qu’il n’y a plus de futur pour moi. » Puis, le jeune Syrien évoque brièvement sa vie d’avant. Le lycée, ses amis, les quelques mots de français qu’il avait appris en classe, aussi. Son regard se perd à nouveau et il ajoute : « Je préfère oublier mes souvenirs, en fait. J’en avais… mais plus maintenant. » Lui et sa famille ont vécu les bombardements et tortures pendant plusieurs années. Les séquelles physiques et mentales ne pourront jamais totalement s’effacer.

« Nous essayons autant que possible de l’aider », explique Abdullah, travailleur social de Handicap International. « J’ai notamment proposé des sessions de soutien psychologique à Abdel Azzim et sa famille, pour qu’ils puissent extérioriser ce qu’ils ressentent et parler des difficultés qu’ils rencontrent ». Wassila, physiothérapeute, ajoute : « Avec nos sessions, Abdel Azzim pourra aussi certainement marcher un peu, avec l’aide d’un déambulateur et d’orthèses par exemple, car il n’est pas totalement paralysé. On ne peut pas changer ce qu’il a vécu, mais nous sommes là pour lui rappeler que tout n’est pas perdu. »

 

 

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