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Lyudmyla, âgée de 63 ans, a vécu 10 ans de guerre

Réadaptation Urgence
Ukraine

Lyudmyla, âgée de 63 ans a dû fuir son village situé en zone de guerre, après avoir vécu des années de bombardements, de blessures et de pertes.

Lyudmyla er son mari

Lyudmyla er son mari | © Liubov Hutsul / HI

Aujourd'hui refugiée à Dnipro, Lyudmyla dépend, comme son mari, des soins médicaux et du soutien de Handicap International. Elle raconte son histoire.

La guerre est devenue notre quotidien

Je m’appelle Lyudmyla Brovchenko. J’ai 63 ans et j’ai toujours vécu à Pervomaiske, un village situé à presque 12 kilomètres de Donetsk. En 2014, la guerre a éclaté et a bouleversé nos vies.
Je me souviens très bien de ce jour-là. Mon mari partait travailler et, de mon côté, je me rendais à la gare. Les bus ne circulaient plus et le chef de gare n’a prononcé qu’un seul mot : « La guerre ». Avec mon mari et quelques autres femmes, nous avons marché près de 12 kilomètres, sous la menace des snipers et des mines. C’est ainsi qu’a commencé notre nouvelle réalité.

Des blessures à vie causées par une explosion

J’ai été blessée en 2015 par une explosion de trois obus de 152 mm qui sont tombés près de ma maison. J’ai perdu l’audition d’une oreille. De nombreuses personnes ont été touchées et des maisons du village ont été endommagées. La situation s’est ensuite légèrement calmée, des réparations ont commencé et l’espoir est revenu. Mais, nous aussi avons vécu six mois sous blocus, sans eau, pensions ni salaires.

En 2022, la vie était devenue insupportable. Des munitions au phosphore étaient larguées pendant la nuit, des maisons étaient incendiées et des personnes étaient tuées par des bombes. Il n'y avait aucune chance de survie, nous avons décidé d’évacuer. Nous sommes partis avec notre chien et notre chat, avec quelques sacs, sans destination précise.

Nous sommes alors arrivés à Dnipro. Nous nous sommes enregistrés, puis une connaissance nous a proposé une petite maison dans un village. Il n'y avait pas d'électricité, nous avons donc cuisiné au feu de bois pendant deux mois, mais nous avons survécu.

J'ai besoin d'un suivi médical régulier

Je vis avec une lésion cérébrale traumatique et je dois être hospitalisée tous les six mois à Mechnikov ou dans d'autres cliniques. Sans traitement, je commence à avoir des crises. J’ai toujours des seringues avec moi afin de pouvoir me faire des injections si nécessaire. Mon mari a également subi un accident vasculaire cérébral mineur, nous avons donc tous les deux, besoin constamment de soins médicaux.

HI m’a soutenu

En 2022, j'ai bénéficié d'un soutien psychologique de la part de HI. J'ai été mise en relation avec Natalia, une spécialiste qui m'a aidée à mieux dormir et à réduire mes maux de tête. Elle m'a aussi appris des exercices et des techniques de respiration. Grâce à son soutien, j'ai pu recommencer à bouger, dormir sur le côté gauche et ressentir un certain soulagement. Ce soutien a été vraiment inestimable.

Mon mari bénéficie également d'une aide : il travaille avec un psychologue et un kinésithérapeute, car il a des problèmes au bras à la suite de son AVC et a besoin de rééducation.

Nous vivons désormais modestement, sans magasins ni établissements médicaux à proximité. Les médecins de la clinique locale nous connaissent bien et nous aident autant qu'ils le peuvent. En ce moment, ce dont nous avons le plus besoin, c'est de rééducation et de soutien social.

 

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