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Madagascar : Donga retrouve le chemin de l’école

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Madagascar

Donga a 10 ans. Il a intégré une classe « passerelle » qui vise à scolariser les enfants handicapés en un milieu ordinaire.

Donga, âgé de 10 ans, vit dans la banlieue d’Analanjirofo à Madagascar.

Donga, âgé de 10 ans, vit dans la banlieue d’Analanjirofo à Madagascar. | © Kalo Aristide Renaldo Debe / HI

À l'occasion de la Journée internationale de l'éducation, le 24 janvier, HI fait état des difficultés rencontrées par les enfants handicapés pour accéder à l'éducation dans les pays déchirées par des crises.

Donga est un jeune garçon handicapé de la banlieue d’Analanjirofo, à Madagascar. Il a des problèmes de vue, des difficultés à parler et des troubles d’attention. À ce jour, aucun diagnostic n’a encore été fait pour identifier son handicap.

Madagascar est un des pays les plus pauvres au monde, vulnérable aux aléas naturels et aux phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses et les cyclones. Une importante partie de la population est touchée par la malnutrition. Le pays connait une crise humanitaire grave et prolongée.

La création de classes adaptées aux enfants handicapés

En 2019, grâce à sa grande sœur, ses parents apprennent qu’il existe des classes dites « intégrées passerelles », qui permettent à des enfants handicapés de rejoindre l’école élémentaire publique d’Amparatanàna. Une « classe intégrée passerelle » est une classe créée au sein d’une école ordinaire, adaptée aux compétences et aux besoins des élèves handicapés. Elle vise à favoriser leur scolarisation en milieu ordinaire.

La classe passerelle de l’école d’Amparatanàna accueille aujourd’hui 24 élèves, âgés de 6 à 19 ans et présentant des handicaps divers.

Des effets remarquables sur le développement de Donga

Avant, Donga n’allait pas à l’école. Il restait à la maison sans rien faire. Depuis qu’il a rejoint la classe passerelle, ses professeurs ont constaté qu’il s’est rapidement éveillé et intégré aux autres élèves. Ses professeurs sont confiants qu’un jour, il rejoindra une classe ordinaire :

“Donga est un grand animateur en classe ! Il a appris beaucoup de choses et ses progrès sont visibles. Il aime diriger ses camarades mais également les aider à réaliser les activités”, remarque son enseignante.

Se rendre à l’école n’est pas sans difficultés

À cause de son handicap, et notamment de ses problèmes de vue, Donga ne peut pas aller seul à l’école. Il doit être conduit par ses parents - qui n’ont pas les moyens de lui acheter des lunettes.

Pendant la saison des cyclones, le chemin qu’il emprunte peut vite devenir dangereux – notamment la traversée d’une passerelle. Ses parents ne sont pas toujours disponibles pour l’accompagner, notamment lorsqu’ils travaillent. Lorsque cela arrive, ou que les conditions météorologiques sont mauvaises, Donga reste à la maison.

L’impact de la COVID

La scolarité de Donga a été interrompue durant la pandémie de COVID-19, car l’école a fermé de mars à octobre 2020 à cause du confinement. Mais il a continué les cours grâce à sa maîtresse qui venait régulièrement chez lui pour déposer ses devoirs et à ses parents qui l’aidaient à les faire.

Pendant la pandémie, les parents de Donga ont perdu leur emploi et n’avaient plus les moyens de payer les frais de scolarité et les fournitures scolaires de leur fils. Donga a ainsi dû arrêter les cours pendant quelques mois, mais a repris le chemin de l’école lorsque ses parents ont commencé à nouveau à gagner de l’argent.

Malgré les obstacles multiples, l’implication et le soutien continus de ses parents et de son enseignante ont permis à Donga de continuer sa scolarité. Cela lui a permis de progresser dans son éducation et de s’épanouir aux côtés des autres enfants.

« Je rêve de devenir conducteur de voiture ou de moto lorsque je serai grand. Je veux être comme les autres enfants ! », insiste Donga très enthousiaste.

HI a publié le rapport "Always Included: Uninterrupted education for children with disabilities before, during, and after a crisis", d’où est tiré cet article. Le rapport décrit comment l'éducation des enfants est interrompue par les crises, en se fondant sur des études de cas au Burkina Faso, en Palestine et à Madagascar. Dans le monde, 72 millions d'enfants ne sont pas scolarisés en raison de situations d'urgence et de crises prolongées, 17 % d'entre eux étant des enfants handicapés. En Afrique occidentale et centrale, plus de 13 250 écoles ont fermé leurs portes, dont 6 150 au Burkina Faso. À Madagascar, les inondations et les cyclones ont des effets dévastateurs sur la continuité de l'éducation, détruisant le matériel pédagogique et les infrastructures.

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