Aller au contenu principal

Pour Stéphania, être kiné, c’est à la fois une vocation et une vision d’avenir

Réadaptation Urgence
Haïti

Stéphania Saint-Val est kinésithérapeute à Port-au-Prince. Animée par le désir d’aider, elle intervient auprès de personnes déplacées avec professionnalisme et humanité.

Portrait d'une femme souriante, portant un gant en latex et une jaquette HI, et qui tient à la main un gros ballon de kiné jaune.

personnes déplacées avec professionnalisme et humanité. Stéphania Saint-Val est kinésithérapeute à Port-au-Prince, où elle accompagne des personnes déplacées qui vivent dans des conditions très précaires. | © T. Noreille / HI

Kiné, un métier qui a du sens

Pourquoi ai-je choisi de devenir kinésithérapeute ? Je voulais exercer un métier utile, humain et concret. La kinésithérapie est un domaine encore peu développé en Haïti et je souhaitais contribuer à son développement. C’est une profession en pleine évolution, avec des besoins énormes dans la communauté. Pour moi, ce choix est à la fois une vocation et une vision d’avenir.

Ce qui me plait, c’est que je dispense mes compétences au service des personnes vulnérables de ma communauté et que je contribue à travers mon travail à l’amélioration de la qualité de vie des patientes et des patients. Je fais un métier qui a du sens pour moi et pour les personnes que je prends en charge.

Le métier de kiné exige beaucoup d’empathie, car nous accompagnons des personnes qui sont éprouvées tant physiquement que psychologiquement. La patience est également essentielle, puisque la réadaptation est un processus progressif qui demande du temps et de la persévérance.

Un quotidien qui demande beaucoup de créativité et d’adaptation

On y pense moins, mais ce métier demande aussi une grande créativité. Actuellement, je travaille avec des personnes déplacées qui vivent dans des sites d’hébergement temporaire à Port-au-Prince. Nous n’avons pas suffisamment d’espace pour ranger le matériel alors nous devons le transporter tous les jours. Certains matins, lorsque nous arrivons sur les sites, nous devons attendre que les personnes se réveillent et rangent leurs couchages afin de nous faire de la place pour nos installations temporaires faites de paravents. Au quotidien, nous devons être agiles et nous adapter continuellement.

Les conditions de vie sur les sites sont très précaires ; certaines personnes dorment à même le sol. La mauvaise qualité de vie, le manque de ressources et l’accès limité aux soins peuvent aggraver l’état de santé des personnes déplacées. Certaines ne peuvent pas suivre régulièrement les séances de réadaptation car elles ne mangent pas à leur faim ou nécessitent des soins spécialisés préalables qui sont inaccessibles. De plus, le contexte d’insécurité crée une situation de stress continu et peut constituer un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires ou une altération de l’état de santé des personnes en situation de fragilité.

Pour nous aussi, ce risque lié à l’insécurité entraîne une peur permanente de l’inconnu et une vigilance accrue. Nous intervenons parfois à proximité de zones d’affrontements avec des risques de balles perdues ou de kidnapping. Il arrive également que nous devions faire face à des formes d’agression verbale de la part des personnes déplacées qui elles-mêmes traversent des situations difficiles.

J’espère contribuer à construire une société plus inclusive et plus humaine

Néanmoins, les défis que nous rencontrons renforcent ma détermination et mon désir d’aider les autres avec professionnalisme et humanité. C’est un plaisir de servir ma communauté. Cela donne du sens à mon travail. Le plus beau dans mon métier reste le contact avec les patientes et les patients dans leur environnement de vie, parfois dans leur intimité. Cela me permet de mieux comprendre leurs conditions de vie et d’adapter ma prise en charge à leur réalité. Je sais que je contribue à redonner de l’espoir à des personnes qui n’ont pas choisi le chaos dans lequel elles se sont retrouvées.

C’est aussi très gratifiant de voir les progrès réalisés par les patientes et les patients et de constater au bout de quelques séances l’impact de notre intervention sur leur autonomie et sur l’amélioration de leur qualité de vie. Chaque personne qui progresse et dont la qualité de vie s’améliore me rappelle que ma présence et mon engagement font une différence.

J’aimerais que toutes les personnes déplacées et vulnérables que nous accompagnons puissent retrouver la joie de vivre. Mon souhait est que la situation s’améliore en Haïti pour qu’elles puissent regagner leur domicile et vivre auprès de leur famille dans la paix et la sécurité.

Pour ma part, je souhaiterais enrichir mon expérience dans l’humanitaire et renforcer mes compétences pour continuer à offrir des soins de qualité aux personnes dans le besoin. J’espère contribuer, à mon niveau, à construire une société plus inclusive, plus stable et plus humaine, où chaque personne, quelle que soit sa condition, a sa place et sa dignité.

Nos actions par pays

RELATIONS PRESSE

CANADA

Alexandra Buskie

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

« Au cœur des bombardements, mais on agit »
© HI
Mines et autres armes Réadaptation Urgence

« Au cœur des bombardements, mais on agit »

Nahed Al-Khlouf dirige HI au Liban. Elle coordonne une réponse d'urgence, notamment pour les personnes handicapées, les femmes enceintes et les personnes âgées déplacées par les bombardements.

Myanmar : un an après le séisme, Paing Thu Zaw devient plus autonome grâce à HI
© HI
Réadaptation Urgence

Myanmar : un an après le séisme, Paing Thu Zaw devient plus autonome grâce à HI

Il y a un an, un violent séisme a frappé la ville de Mandalay, bouleversant la vie de Paing Thu Zaw et celle de sa famille. Grâce au soutien de HI, ils retrouvent peu à peu espoir et autonomie.

Le point de vue de Nataliia : survivre en temps de guerre
© L. Hutsul / HI
Réadaptation Santé Urgence

Le point de vue de Nataliia : survivre en temps de guerre

La psychologue Nataliia travaille en Ukraine pour HI depuis un an