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Se promener au pays des 11 100 victimes de mines et d’engins explosifs de guerre

Mines et autres armes
Colombie

Jemerson, 12 ans, vit en Colombie, dans la municipalité de Corinto, zone fortement affectée par le conflit qui a déchiré la Colombie ces cinquante dernières années. Blessé par une mine antipersonnel à 10 ans, il a perdu sa main gauche. Avec le soutien de Handicap International, Jemerson suit des séances de réadaptation. L’enfant s’accroche et garde espoir. 

© J.M. Vargas/Handicap International

Jemerson, 12 ans, a perdu sa main gauche en 2014 après avoir manipulé un reste explosif de guerre laissé suite au conflit qui a déchiré la Colombie. | © J.M. Vargas/Handicap International

12 mai 2015. Jemerson, 10 ans, quitte sa maison avec ses deux cousins, Julian et Mateo, et se dirige vers le domaine de la Ucrania, situé à Corinto, afin d’y cueillir des mandarines.

« C’était un accident. Sur la route, j’ai vu une mine - je ne savais pas ce que c’était. Je l’ai prise avec ma main droite, puis gauche. Elle a explosé », se rappelle Jemerson.

La Colombie a connu  50 années de conflit armé interne qui ont entrainé la pollution des sols de 31 des 32 départements du pays, dont celui de Cauca où se trouve Corinto. La Colombie est aujourd’hui le deuxième pays avec le plus de victimes de mines, juste après l’Afghanistan.

Jemerson a été emmené à Cali où il a immédiatement été pris en charge. Après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales, Jemerson a été envoyé à Popayán où il a suivi des séances de réadaptation. Les semaines qui suivent sont douloureuses : « Cet accident nous a tous profondément marqués à vie, » explique Viviana, la mère de Jemerson. Auparavant mobile, dynamique et passionné de football, il devient colérique, déprimé et même agressif par moments.

« Il avait des pensées suicidaires. Il disait qu’il ne veut plus vivre sans sa main gauche. »

Mais Jemerson tient bon, il reprend des forces et, quelques mois plus tard, il suit des séances de réadaptation avec Handicap International  et bénéficie d’un soutien psychologique : « Lesly, la psychologue, est restée à nos côtés constamment. Elle nous a tellement aidés », confie Viviana.  Jemerson reçoit une prothèse  à la main gauche. Depuis 2017, il participe à des séances de dessin et de peinture. Et il n’abandonne pas son rêve : celui de devenir joueur de soccer.

 

Handicap International en action

Il y aurait eu plus de 11 000 victimes de mines et de restes explosifs de guerre en Colombie entre 1990 et février 2017. Handicap International, accréditée en mai 2016 comme un des acteurs officiels de déminage humanitaire dans le pays, se prépare à lancer des opérations de déminage des terres polluées sur une période de cinq ans dans les départements de Meta, de Cauca et de Caquetá, sur des territoires indigènes notamment. Handicap International offrira également son appui aux victimes de mines dans les six départements les plus contaminés soit les départements d’Antioquia, de Cauca, de Caquetá, de Córdoba et de Nariño et Meta.

Handicap International développe une approche cohérente et complète pour ces activités de déminage. L’association recrute et forme les démineurs et mène des enquêtes préalables au déminage. L’association mène aussi des séances de sensibilisation sur les risques des mines dans les communautés, apporte un appui aux victimes et renforce l’accès des personnes handicapées au monde du travail et à l’éducation.

« Plus de 90% du temps, on est sur les genoux. On sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça se termine. Déminer les terres peut prendre des mois ou des années. Je ne peux pas décrire le bonheur que je ressens quand j’ai terminé de dépolluer une superficie minée, » a expliqué Marta Quintero, superviseure des opérations de déminage chez Handicap International.

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