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Le Liban rejoint le Traité d'Ottawa : un signal fort pour la protection des civils

Mines et autres armes
Liban

Le 1er mai 2026, le Liban a déposé son instrument de ratification au Traité d'interdiction des mines auprès des Nations unies, devenant ainsi le 162e État partie à ce traité historique.

Un démineur de HI procède à la dépollution d'une parcelle identifiée comme contaminée par des engins explosifs. Il est debout et tient un détecteur.

Opérations de déminage au Mont Liban. | © HI

Une décision qui intervient à un moment charnière

Fruit d'une mobilisation internationale sans précédent, à laquelle HI a activement contribué dans les années 1990, le Traité d’interdiction des mines, aussi appelé Traité d’Ottawa, interdit l'utilisation, la production, le stockage et le transfert des mines antipersonnel. Une avancée majeure en matière de droit international humanitaire et de protection des populations civiles.

Et pourtant, aujourd’hui, ce traité vacille. Il est fragilisé par des États non-signataires comme la Russie, qui utilisent massivement des mines en Ukraine et ailleurs, par les États-Unis qui ont récemment transféré de telles armes vers l’Ukraine, ou encore par la décision de cinq États européens de se retirer du Traité. C’est pourquoi l’adhésion du Liban, dans ce contexte de recul inquiétant, prend une résonance toute particulière.

« Depuis près de trente ans que nous œuvrons pour un monde sans mines, nous savons que chaque nouvelle adhésion compte. Celle du Liban, dans le contexte actuel, est bien plus qu'un geste symbolique : c'est un rappel puissant que les mines antipersonnel ne protègent pas les populations : elles les menacent pendant des décennies après la fin des conflits. HI salue ce choix courageux et se tient prête à aider le Liban pour concrétiser cet engagement », Nahed Al-Khlouf, Directrice HI Liban.

Renforcer l’engagement en faveur de la protection des civils et de l’assistance aux victimes

Selon le Landmine Monitor 2025, plus de 90 % des victimes de mines dans le monde sont des civils. En rejoignant le traité qui interdit ces armes, le Liban place concrètement la protection de la population au cœur de sa politique – le traité entrera en vigueur pour le pays le 1er novembre 2026.

Cette adhésion s'inscrit par ailleurs dans la continuité des engagements multilatéraux déjà pris par le Liban, qui est partie à la Convention sur les armes à sous-munitions et à la Convention sur certaines armes classiques. Le pays consolide ainsi son engagement en faveur d’un désarmement humanitaire cohérent.

En parallèle, l’assistance aux victimes doit rester au cœur des préoccupations du pays. Les survivants d’accidents liés aux mines, dont beaucoup vivent avec des handicaps permanents, doivent avoir accès à des services inclusifs et de qualité, notamment en matière de réadaptation, de soutien psychosocial et d’inclusion socio-économique. Cette adhésion offre l’occasion de renforcer les systèmes nationaux et de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

Rétablir la sécurité et soutenir la reconstruction en œuvrant contre les restes explosifs de guerre

Le Liban porte lui-même les cicatrices de la contamination par les armes explosives, héritage douloureux de conflits successifs, causant des morts, des blessés, perturbant les moyens de subsistance et limitant l’accès aux terres et aux services, en particulier pour les personnes handicapées et les personnes les plus vulnérables.

Présente au Liban depuis 1992, HI agit aujourd’hui dans le sud du pays et dans la région de la Bekaa occidentale pour dépolluer des terres devenues dangereuses pour des milliers de personnes. L’équipe HI, composée d’environ 10 personnes, a commencé par dépolluer une zone de 10 000 m² - découvrant et neutralisant ainsi une trentaine de restes explosifs, la plupart datant des années 1980. Au fil de la découverte de nouveaux engins au-delà des zones initialement définies, le périmètre du site a été progressivement étendu. La zone dangereuse a été réévaluée, portant la superficie totale à dépolluer à environ 30 000 m², l'équivalent de quatre terrains de football.

« L’ampleur de la tâche est immense. Après quelques mois de suspension en raison des affrontements, nos opérations de déminage ont pu reprendre et c’est un vrai soulagement. Au Mont-Liban, où nous œuvrons, nous avons trouvé des engins qui avait près de 40 ans ! Preuve que les armes explosives restent dangereuses longtemps après leur utilisation première, ce qui est dramatique pour les civils. Les activités de déminage de HI sont très importantes pour la population. Là où nous avons dépollué, la vie reprend ses droits, de nouvelles constructions voient le jour, des zones agricoles sont de nouveau exploitées… Il est crucial de poursuivre notre action », Adnan Araji, responsable technique du déminage pour HI Liban.

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